Michel KIRUMBA reste confiant sur la survie de TRANSCO

Une équipe de la télévision  satellitaire Lumière du Monde, LMTV a capitalisé son séjour à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo pour s’imprégner du fonctionnement de TRANSCO. Avec ces gabarits qui s’imposent sur toutes les grandes artères de la mégapole, transportant les kinois dont la débrouillardise n’est plus à démontrer depuis les aurores et à prix social sur des distances de plus de 26 km - quels que soient les aléas de la route - TRANSCO ne pouvait que retenir l’attention des journalistes étrangers basés à Abidjan en Côte d’Ivoire. Dans une interview à bâton rompu, le Directeur Général de cet Etablissement Public, Michel KIRUMBA est revenu sur les défis relevés au quotidien et les perspectives d’avenir.

LMTV : Quels sont les challenges actuels que vous devez relever en tant que Directeur Général ?

Michel KIRUMBA : Le grand challenge c’est celui d’assurer une  bonne gestion des ressources disponibles pour garantir la pérennité de cette Entreprise. Car en effet, l’histoire du secteur des transports en commun en RDC révèle que la mauvaise gestion a été jadis à la base de la chute ou l’arrêt des activités de ces entreprises qui avaient reçu la mission d’assurer le transport des populations. Notre challenge quotidien est donc de chercher les ressources à l’interne qui proviennent essentiellement des ressources d’exploitation mais aussi de s’assurer de l’octroi de la subvention par le Gouvernement pour compenser les charges.

LMTV : Pouvez- vous nous présenter TRANSCO ?

MK : TRANSCO, c’est un Etablissement public créé par décret du Premier Ministre, placé sous la tutelle du Ministère des Transports et Voies de Communication avec une autonomie administrative et financière. L’Etablissement emploi près de 3000 agents et son  chiffre d’affaire avoisine les 2 milliards de Francs Congolais. Le capital social de TRANSCO est de 500 bus.

LMTV : Quelles sont les forces et atouts de TRANSCO face aux challenges actuels ?

MK : Les forces et atouts c’est la motivation de son  personnel qui est suffisamment qualifié, formé et conscient du challenge  que nous avons à relever, celui de bien gérer, de lutter contre la fraude et la corruption de travailler dur pour pérenniser l’entreprise. Le personnel est conscient qu’il doit préserver son emploi et continuer à servir la population. Les agents savent que TRANSCO fait un grand travail social car nous aidons beaucoup de gens à se déplacer dignement et c’est un atout majeur.

LMTV : Quels sont vos objectifs d’ici la fin de l’année 2017?

MK : Nous voulons maintenir le cap et continuer à transporter le maximum de personnes avec un grand nombre de bus disponible pour l’exploitation et c’est ici que ce révèle  l’importance de la maintenance des  bus car nous luttons pour avoir une disponibilité journalière de 450 bus sur un parc de 500 pour déplacer près de 150 000 personnes, sans compter les élèves. Nous tenons à appliquer les normes qui stipulent qu’il faut au moins une disponibilité d’exploitation quotidienne d’environ 90% du parc, les autres 10% doivent être retenus pour les entretiens correctifs et préventifs.

LMTV : TRANSCO vise à vivre 90 ans, mais sur les 5 ans qui viennent quels sont vos projets ?

MK : Il y en a plusieurs, en premier lieu nous comptons étendre le réseau interurbain, nous avons eu la promesse ferme du Gouvernement et des partenaires pour un appui financier afin de nous procurer une centaine de bus confortables et adaptés aux longues distances. En deuxième lieu, nous envisageons d’étendre le parc de TRANCO aussi bien à Kinshasa que dans les provinces où il a déjà été mené des études de faisabilité. Là aussi nous avons eu les assurances du Gouvernement qu’il va nous appuyer financièrement pour renouveler notre charroi étant donné qu’à l’interne nous n’avons pas les ressources nécessaires. Il faut dire que les cinq années qui viennent de s’écouler nous ont permis d’acquérir une certaine expérience, d’apprendre et de consolider notre management, les indicateurs sont favorables pour que TRANSCO vive au-delà de 99 ans.

LMTV : Quel message aimeriez- vous adresser à vos clients et partenaires ?

MK : Le premier message je voudrai l’adresser d’abord aux partenaires. Je voudrai leur demander de continuer à nous faire confiance, parce que nous avons une gestion orthodoxe, il y a des auditeurs externes qui passent régulièrement en revue nos états financiers et ceux du Ministère de tutelle qui nous suivent et nous orientent dans la bonne gestion. Ils peuvent se rassurer que TRANSCO est géré selon les normes cartésiennes. Le marché du transport en commun est ouvert, la demande est énorme et l’offre de transport est faible particulièrement à Kinshasa, ils peuvent venir nous aider à augmenter notre charroi car le secteur des transports est rentable. Les prêts qu’on peut obtenir auprès des partenaires seront remboursés rapidement. A nos clients, nous leur demandons de protéger et de prendre soin des bus car ils ont été achetés avec leur ressources, ils peuvent nous faire confiance nous sommes là pour eux.

Rédigé par

Interview retranscrite par Bibiche MUZEKE